Vincent Willem Van Gogh naît le 30 mars 1853[2] à Groot-Zundert, un petit village (relais de diligence sur la route Paris-Amsterdam) près de Bréda dans l'ouest du Brabant-Septentrional, au sud des Pays-Bas[3].
Il est le fils de Theodorus Van Gogh, pasteur de l'Église réformée à Groot-Zundert depuis 1849 et d'Anna Cornelia, née Carbentus, fille d'un relieur de la cour[4]. Le couple s'est marié le 21 mai 1851 à La Haye. Les mariés sont déjà beau-frère et belle sœur, puisque Cornelia, la sœur de la mariée avait épousé Vincent (Cent), le frère de Theodorus le 6 novembre 1850.
La famille Van Gogh est d'ancienne bourgeoisie, déjà notable au XVIe siècle et XVIIe siècle. L'état de pasteur est une tradition familiale[5], de même que le commerce de l'art. Theodorus compte dix frères et sœurs ; plusieurs de ses oncles ont joué un rôle déterminant dans la vie de Vincent.
En 1855 naît Anna Cornelia, suivie deux ans plus tard Théodore (Théo), qui voit le jour le 1er mai 1857. Suivent deux sœurs, Elisabeth (Liss, 16 mars 1859-29 novembre 1936), Willemina (Wil ou Wilkie, 16 mars 1862-1941), puis un autre frère, Cornélius (Cor, 17 mai 1867-1900). Aîné de six enfants, Vincent est un enfant sérieux, silencieux et pensif[6] : « Ma jeunesse était sombre, froide et stérile. »[7], écrira-t-il plus tard.
En 1860, il entre à l'école de 200 élèves de Zundert, où le seul professeur était catholique. À partir de 1861, Van Gogh et sa sœur Anna suivent leur scolarité auprès d'une institutrice qui leur donne des cours à la maison jusqu'au 1er octobre 1864, date à laquelle il part pour l'internat de Jan Provily à Zevenbergen, une ville rattachée à la commune de Moerdijk à 30 km. Il y apprend le français, l'anglais et l'allemand. Il réalise ses premiers essais de dessin[8]. Van Gogh vit assez mal cette séparation avec sa famille. Le 15 septembre 1866, il entre au collège Willem II à Tilburg mais en mars 1868, il quitte précipitamment l'école et retourne à la maison.
Le 30 juillet 1869, à l'âge de seize ans, il devient apprenti auprès du marchand d'art Goupil et Cie à La Haye, filiale fondée par son oncle Hendrik Vincent[9].
En 1871, son père est muté à Helvoirt ; Vincent y passe ses vacances en 1872, avant de visiter Théo à La Haye. En août 1872, début de la correspondance avec Théo : « Nous devons correspondre assidûment »[10].
« Ma nouvelle année a bien commencé, on m'a accordé une augmentation de dix florins (je gagne donc cinquante florins par mois), et on m'a alloué une prime de cinquante florins par-dessus le marché. N'est-ce pas magnifique ? J'espère être ainsi en mesure de subvenir moi-même à mes besoins. Je suis très content que tu travailles dans la même firme. C'est une belle firme, plus on y travaille, plus on s'y sent de l'ambition. Les débuts sont peut-être plus difficiles qu'ailleurs, mais il faut persévérer. »
— Vincent van Gogh, Lettre 3N à son frère Théo, janvier 1873[11],[12]
Après sa formation, qu'il termine brillamment, il est engagé chez Goupil & Cie et effectue un bref stage à Bruxelles. En juin 1873, Adolphe Goupil l'envoie dans la succursale de Londres. Cela est son premier séjour à Paris, où il visite le musée du Louvre. À Londres, il habite au 87 Hackford Road, dans le quartier de Brixton. Il dit à Théo : « Je loge chez des gens charmants »[13]. C'est une période heureuse pour Van Gogh : il réussit dans son travail et à 20 ans il gagne déjà plus que son père[14].
Il tombe amoureux d'Eugénie[15] Loyer, la fille de sa logeuse ; mais lorsqu'il lui révèle ses sentiments, elle lui avoue qu'elle s'est déjà secrètement engagée avec le locataire précédent[16]. Van Gogh s'isole de plus en plus ; dans le même temps, il développe un fervent intérêt pour la religion.
Son père et son oncle l'envoient à Paris, où il est choqué de voir l'art traité comme un produit et une marchandise, ce qu'il dénonce à certains clients et qui provoque son licenciement le 1er avril 1876[17],[18].
Il se sent alors une vocation spirituelle et religieuse. Il retourne en Angleterre où, pendant quelque temps, il travaille bénévolement, d'abord comme professeur suppléant dans un petit internat donnant sur le port de Ramsgate. Il a d'ailleurs fait quelques croquis de la ville. À son frère Théo, il écrit
« À Londres, je me suis souvent arrêté pour dessiner sur les rives de la Tamise en revenant de Southampton Street[19] le soir, et cela n'aboutissait à rien; il aurait fallu que quelqu'un m'explique la perspective[20]. »
Comme l'école doit par la suite déménager à Isleworth dans le Middlesex[21], Van Gogh décide de s'y rendre. Mais le déménagement n'a finalement pas lieu, et Van Gogh reste sur place, devient un fervent animateur du mouvement méthodiste et veut « prêcher l'Évangile partout ».
À Noël 1876, il retourne chez ses parents et travaille alors dans une librairie de Dordrecht pendant six mois. Toutefois, il n'y est pas heureux. Il passe la majeure partie de son temps dans l'arrière boutique du magasin à dessiner ou à traduire des passages de la Bible en anglais, en français et en allemand. Son compagnon de chambre de l'époque, un jeune professeur appelé Görlitz, expliqua plus tard que Van Gogh se nourrissait avec parcimonie. « Il ne mangeait pas de viande, juste un petit morceau le dimanche, et seulement après que notre propriétaire eut longuement insisté. Quatre pommes de terre avec un soupçon de sauce et une bouchée de légumes constituaient son dîner. »[22] .
Le soutenant dans son désir de devenir pasteur, sa famille l'envoie en mai 1877 à Amsterdam, où il séjourne chez son oncle Jan Van Gogh, amiral de la marine. Vincent se prépare pour l'université et étudie la théologie avec son oncle Johannes Stricker, un théologien respecté[23]. Malheureusement, Van Gogh échoue à ses examens. Il quitte alors le domicile de son oncle Jan, en juillet 1878, et suit des cours pendant trois mois à l'école protestante de Laeken, près de Bruxelles, mais il échoue à nouveau et abandonne ses études pour devenir prédicateur laïc.
Fin 1878, Van Gogh obtient une mission d'évangéliste en Belgique, auprès des mineurs de charbon du Borinage, dans la région de Mons. Il y devient un prédicateur solidaire des luttes contre le patronat.
Sa traversée du Borinage commence dans la commune de Pâturages (Colfontaine) en 1878. Il y est accueilli par un pasteur qui l'installe chez un colporteur au no 39 de la rue de l'Église. Il part ensuite pour Wasmes (Colfontaine), dans une maison que très vite, il juge trop luxueuse et qu'il ne tarde pas à quitter pour s'installer dans une simple cabane. Poussant ses convictions à leur conclusion logique, Van Gogh choisit de vivre comme ceux auprès desquels il prêche, partageant leurs difficultés jusqu'à dormir sur la paille dans sa petite hutte au fond de la maison du boulanger chez lequel il réside. Il consacre tout aux mineurs et à leur famille. Il va même jusqu'à descendre à 700 mètres au fond de la mine. Lors d'un coup de grisou, il sauve un mineur. Mais ses activités de prêtre ouvrier ne tardent pas à être désapprouvées[24] et cela le choque. Accusé d'être un meneur, Vincent van Gogh est contraint d'abandonner la mission qu'il s'était donnée, sa mission étant suspendue par le Comité d'évangélisation[25]. Il en garde l'image de la misère humaine qui apparaîtra dans une partie de son œuvre. Il se rend alors à Bruxelles puis revient brièvement à Cuesmes (Mons), où il s'installe dans la maison située au no 3 de la rue du Pavillon. Toutefois, sous la pression de ses parents, il revient chez eux à Etten, y reste jusqu'en mars 1880 au grand dam de ses parents qui sont de plus en plus préoccupés à son égard. Un conflit considérable éclate entre Vincent et son père, ce dernier allant jusqu'à se renseigner pour faire admettre son fils à l'asile de Geel. Van Gogh s'enfuit de nouveau et se réfugie à Cuesmes (Mons), où il loge jusqu'en octobre 1880 chez le mineur Charles Decrucq.
Il s'intéresse de plus en plus aux personnes l'entourant et aux scènes quotidiennes qu'il commence à représenter dans certains croquis à la mine de plomb, au fusain ou au crayon[26]. En novembre 1880, Van Gogh écoute les conseils avisés de son frère Théo à prendre l'art au sérieux. Sur les recommandations de Théo, il se rend à Bruxelles, afin d'étudier la peinture avec l'artiste hollandais Willem Roelofs. Ce dernier réussit à le persuader (en dépit de l'aversion de Van Gogh d'apprendre l'art dans une école) de s'inscrire à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Il s'y inscrit le 15 novembre 1880 pour les cours du soir et étudie non seulement l'anatomie, mais aussi les règles de la composition et de la perspective.
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.
Meilleur partenaire : LAM Productions
Attention: toute copie même partielle est interdite sans l'autorisation de l'administrateur.
© Copyright 2011 Tout en Peinture
Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite